Confinement ou Cocooning? Les 10 conseils pour rester « au top » et l’avis d’un expert

Apparu comme un outil de développement personnel, le Cocooning, un nouveau mode de vie a été raillé à son apparition. La crise du Coronavirus oblige le confinement, le « lock-down » et amène à nous poser des questions existentielles. Quels sont les avantages et les limites de cet outil ? Les 10 conseils pour mieux vivre cette période et l’avis d’un expert pour nous éclairer sur différents points.

Le Pitch :
Le cocooning est un terme inventé en 1987 par une consultante en marketing et prévisionniste de tendances Faith Popcorn. Une attitude qui consisterai à se trouver si bien chez soi qu’on n’a pas besoin d’en sortir excepté pour les nécessités vitales. Un comportement « casanier » dirait-on en France.Ce terme est repris par les services de marketing des fabricants de meubles ou d’accessoires pour désigner tout ce qui touche à l’environnement intérieur. Un peu comme le tuning pour les voitures.

« Un peu de narcissisme, de l’égocentrisme, une dose d’indulgence envers soi-même, avec un éloge de la lenteur…. Voilà les ingrédients du cocooning . »

Au Danemark (considéré comme le pays le plus heureux du Monde -classement selon le World Happiness Report en 2016) en fait sa marque de fabrique avec un autre terme est utilisé le « Hygge ». Pour certains, c’est choisir d’ignorer ce que la vie apporte de difficile, de conflictuel et de stressant en se recentrant sur Soi et son intérieur. Pour d’autres, c’est se rapprocher dangereusement du repli sur soi, du manque de dynamisme et de la disparition des échanges et partages.

LES AVANTAGES

L’épidémie nous force à ralentir le tempo, à travailler depuis la maison.  Elle nous oblige à revoir notre notion du temps ou prendre nôtre temps.  Nous amuser avec nos proches et nos familles et en étant inventifs et attentifs. Une attention particulière est portée aux enfants en ce moment, qui ont besoin d’être rassurés, avec des explications en utilisant des mots simples, tout en restant optimiste et en leur montrant l’exemple. Finie la surconsommation à laquelle nous sommes habitués, fini le futile. Place à l’indispensable, aux besoins primaires, au fonctionnel et à l’essentiel…Célébrer les plaisirs simples et à portée de main dans une atmosphère cosy et douillette. Je sais que c’est mince, mais une pause goûter avec café et cake maison sur le balcon au soleil, (en disant bonjour à la voisine), c’est déjà ça !


Découvrir de nouvelles activités et horizons : Sachez que vous n’êtes pas seule à essayer d’apprendre de nouvelles positions de yoga contre le mur de votre chambre. Vous avez voulu suivre la tendance, mais même après avoir appliqué à la lettre la recette, votre bœuf bourguignon reste raté …ce n’est pas grave, vous faites de superbes pochoirs avec les enfants, de magnifiques présentations Powerpoint et rester la meilleure en danse ! Continuez à chercher et à essayer différentes choses. Nadia qui habituellement passe plus de 2h dans les transports par jour, pourraient même le voir d’un bon œil cette « pause ». Elle symbolise l’opportunité d’un « autre chose qui l’attend ». Donc si l’espoir de monter votre propre affaire, de vous reconvertir ou de vous lancer dans un business rôde dans votre tête, vous aurez tout le loisir de l’étudier…

Plus d’introspection et de spiritualité : La mise au pas de nos vies professionnelles et sociales, nous donne plus de temps pour nous consacrer à notre spiritualité et cette période est propice à l’introspection en règle générale.

LES LIMITES

L’incertitude et l’inquiétude :
« Des tonnes d’articles effrayants et graphiques alarmistes circulent devant nos yeux, ce qui amplifie la peur ».  Les chaînes d’infos en continu s’en donnent à cœur joie et on assiste à une course à l’information, qui appauvri la qualité même de celle-ci, voire la discrédite.

 La question du futur se pose et les craintes économiques, voire la perte d’emploi possible.Le fantôme du « confinement et après ? » tracassent nos têtes consciemment ou inconsciemment.  Vacances ou pas vacances d’été ? Reprise des cours ou non ? Le manque de projections est également source de frustrations pour petits et grands. À noter que la dépendance aux réseaux sociaux est amenée à connaître un pic face à l’abandon des modes directs de contact.

Des inégalités accentuées et une solidarité en berne : Campagne vs Ville, Jardin vs la simple fenêtre, belle maison vs appartement insalubre…les différences se creusent et peuvent-être plus lourdes à porter. La crainte et sous le stress on régresse on pense à soi en premier, il s’agit d’un instinct primaire. Cela me rappelle un client qui a prit 4kg de farine sans penser aux autres, hein.  L’aide et la collaboration sont mises à rude épreuve contrairement aux faux semblant « d’élans collectif » que l’on souhaiterai mettre en avant. C’est « Chacun pour soi et Dieu pour tous ! » comme dirait un ami, Mr Hanafi.

Une grande marée du « n’importe quoi » :Des tutos de maquillage produits par une armée de femmes, des partages à tout va d’exercices de fitness à la maison, des vidéos youtube de recettes de cuisine version Top chef, et des webinaires de formation dans tous les sens…On en voit de toutes les couleurs et le Tri s’impose. Une mascarade ou diversion pour se donner un semblant d’activité et se voiler la face un certain temps (faute d’une réelle passion de longue date, nourrie et travaillée, cela ne restera qu’un « copy-paste », du « déjà-vu » produit non pour le bien des autres, mais pour soi, se divertir et s’occuper).

Manque affectif et physique :


« Un accroissement de la solitude qui préexistait déjà. »


En effet, 3/4 des Français déclarent qu’il leur arrive de se sentir seuls (76%) selon une étude de l’Institut BVA en décembre 2019.Tous se fait à distance donc maintenant : communication par téléphone, messages, vidéo, Facetime, Zoom et Cie … le sentiment d’isolement est amplifié. Sale période pour nous célibataires désespérés de sentir une main toucher, voir ne serait-ce que frôler la nôtre. Non à la place on garde bien ses gants pas très sexy, en gardant l’oeil ouvert tout de même, quand on fait la queue à la boulangerie ! Même l’intimité physique en prends un coup : sextos, photos coquines, masturbastion … on assiste à l’explosion des ventes de sextoys comme en témoigne la marque Womanizer qui voit ses ventes augmenter de plus 50 % par rapport à ses prévisions 2020. (Article du Parisien du 17 mars 2020, C. Mateus).

10 Conseils pour rester « au Top »:

1-Être attentif à Soi, s’écouter
Si vous sentez que vous avez envie de faire une sieste, faites là. « Écouter votre corps, et Bichonner le ! » Un automassage, un bon bain bien chaud, se tartiner de lait hydratant pour le corps, faire sa pédicure toute seule, un masque capillaire…tout ce qui peut faire du bien au corps et au mental dans la même lignée (yoga, méditation etc…).

2. Timing et Activités -Partagez votre temps –
Être à la maison ne veut pas dire qu’on ne fait rien. Au contraire ! Heure précise de réveil et des repas, horaire pour le télétravail à respecter, ménage, courses, lecture etc… Pour le télétravail, on le sait : 14h par jour derrière un ordi n’est pas bon pour le mental. Il faut savoir agrémenter ces laps de temps de travail par des pauses. « Diversifiez vos activités en différents blocs. Tout ce qui va accroître votre imagination, et révélez votre côté créatif ! » Création d’un visuel pour une association ou d’une newsletter pour votre blog, dessins, origami, instrument de musique, jeux avec les enfants, cuisine.

3- Garder le lien Social
Un créneau fixe journalier pour les appels vidéo aux proches et amis, prendre des nouvelles et en donner. C’est important de garder un contact et si vous faites une pause 5min à la fenêtre, échanger quelques phrases avec le concierge fait toujours du bien.  

4. Divisez votre chez vous en zones
Peu importe la taille de votre appartement, divisez- le en zones. On sait tous que travailler du lit n’est pas bon pour la productivité.

« Repensez votre chez vous en zones de travail, de repos, et de jeu. Cela peut vous aider à équilibrer votre humeur et à accomplir davantage.« 

5-Écrire
Pourquoi pas, un passe-temps créatif qui peut vous aider à supporter la solitude. Souvenez-vous que vos pensées et vos sentiments ont leur importance. Tenez un journal, écrivez le scénario que vous avez toujours voulu écrire, ou griffonnez juste ce qui vous vient à l’esprit, peut-être qu’une merveilleuse idée pourrait en émerger, peut-être même un livre qui sait un best-seller…

6- Faites du tri : dans les papiers, dans les armoires (surtout vous Mesdames), dans les bibelots afin de libérer de l’espace à l’intérieur au sol et en hauteur. Ajouter des plantes, jouer avec les éclairages et mettez de la couleur !

7- Détox Infos
« Déconnectez- vous » quelque peu et en vous éloignant de ce tapage médiatique autour du Virus car il ne fait qu’accroître vos craintes et incertitudes. 30 minutes par jour max, c’est largement suffisant pour aller chercher les infos en bref !

8- Learning time
Pourquoi ne pas passer une heure de son temps à apprendre une nouvelle langue ? Se perfectionner sur Excell ou suivre une formation photo online …quel que soient vos centres d’intérêts ou passions, c’est le moment d’approfondir vos connaissances et élargir vos compétences ! Nul doute que cette période de confinement peut aussi représenter une occasion de rattraper ses lacunes en histoire, rattraper les livres que l’on voulait lire depuis longtemps sans jamais trouver le temps, ou encore les séries et les films que l’on a ratés.

9-Du Sport
Une absence de mouvement du corps.  On n’a jamais été aussi inactif et cela va commencer à jouer sur notre moral.  Des Colères spontanées peuvent apparaître ainsi qu’une surcharge mentale difficile à gérer… Bougez-vous, le sport est plus que jamais recommandé !Vous avez le choix (séance d’abdos-fessiers, cardio, zumba, gymnastique douce etc…)

10- Une B.A par jour
Faites une petite bonne action par jour pour aider une personne : n’importe quoi, une action aussi insignifiante que prendre 1kg de farine pour la veille voisine quand vous faites vos courses ou écouter et conseiller un ami, donnez vos fringues à l’association de femmes en difficultés située à 2 pas de chez vous, ou remettez des livres dans la boite à livres près du supermarché.

L’avis de l’Expert :

« Une augmentation des besoins de prise en charge psychologique, avec pour principal danger l’isolement social et des risques de stress post-traumatiques où les femmes et les jeunes (18 à 30 ans) seraient les plus touchés.« 


Le psychologue Jean Doridot confirme qu’il y a bien une augmentation des besoins. Il reçoit beaucoup de messages mais pour autant le public n’ose pas faire la démarche car il n’a pas l’habitude de ces techniques à distance. Il y a pourtant une tribune de plus de 200 psychiatres dans le Parisien qui alarment en disant qu’ils ne voient plus leurs patients. Depuis le confinement, il y a une espèce de sidération accompagnée de 3 réactions : la peur, la fuite et l’attaque. La sidération c’est le choc psychologique donc ils n’osent sortir.

Les principaux dangers du confinement : c’est l’isolement social. Un article dans la revue The Lancet met en évidence l’augmentation des troubles anxieux et stress post-traumatique suite au confinement.  Il est vécu comme un trauma similaire aux événements traumatiques de type victimes d’attentats, de guerres ou de catastrophes naturelles (tremblement de terre, inondations).

Les publics les plus fragiles sont les femmes beaucoup plus que les hommes, les jeunes de 18 à 30 ans ainsi que les plus de 60 ans qui risquent de se dégrader. Sans oublier les travailleurs migrants.On part d’un risque psychologique vers une problématique de santé publique.

Les répercussions sur les émotions sont importantes. À la question : Les gens n’ont-ils pas quelque part peur de se retrouver face à eux-mêmes ? Il répond :Il y a des personnes qui s’anesthésie, qui sortent beaucoup, voit du monde justement pour éviter de se retrouver seules. Mais il ne faut pas oublier que la clé N°1 du bonheur c’est d’avoir une qualité de connexion au niveau des relations sociales ! C’est pour ça que le confinement est dur. C’est un besoin primaire dont l’homme est coupé et qui est vital. « Si tu veux survivre, tu dois t’associer ! » Ce qui explique l’explosion des apéros vidéo sur WhatsApp.

Sur le manque de contact physiques, qui peut être perçu comme plus grave que l’incertitude et la restriction sur la liberté de mouvements. Le contact physique génère l’ocytocine, une des quatre hormones du bonheur explique Jean Doridot, auteur du Livre « Le bonheur est une science exacte ! » aux éditions Larousse. C’est un état d’euphorie semblable à un état d’ivresse et effectivement là, il y a un manque indéniable. 

Interrogé sur les moments ou instants à risques, au réveil ou au coucher, il affirme que c’est au coucher parce que c’est la fin de la journée, et correspond à des moments de « lâcher prise ». Il est important de garder le rythme, de ne pas se laisser submerger car la charge mentale en télétravail est 2 fois plus lourde et 2 fois plus longue. On assiste de plus en plus à de burn-out. Il faut s’inspirer des cosmonautes, des marins, toutes ces personnes entraînés à de longues périodes de confinement. 

Les conseils de l’expert en cette période difficile :
1-maintenir la connexion sociale : Faire chauffer le téléphone !!30 minutes au moins 3 fois par jour
2- le sport hyper important : 30 minutes par jour mini
3- la méditation
4- les loisirs créatifs : l’écriture, le dessin…ces activités où on est actif et concentré en même temps.

Les anglo-saxons parle d’un processus collectif vécu simultanément de passage des 5 étapes du Deuil ou perte (Elisabeth Kubler-Ross), c’est à dire le deuil de notre ancien mode de vie. Le psychologue le confirme ce point : « c’est une réalité ! Effectivement il y a beaucoup de colère et il s’agit il s’agit bien d’un processus commun. On passe tous ces fameuses étapes en commençant par le choc, déni, la colère, la tristesse ou abattement, et enfin l’acceptation. » C’est une expérience inouïe pour la première fois de toute l’histoire de l’humanité. Toutes les générations ont eu leur lot d’épreuves et là il s’agit de « notre épreuve ». Il faut bien sur réussir à en tirer du positif, sachant que chacun fait de son mieux.


Jean Doridot est docteur en psychologie. Auteur et conférencier, il enseigne la psychologie à l’université, pratique l’hypnose en cabinet, et intervient régulièrement dans les médias. Il est à l’origine de l’application de méditation Zenfie, qui compte près d’un million d’utilisateur et a lancé des ateliers d’hypnose live spécial confinement.

Ce n’est pas évident, mais essayons de garder le moral. À nous de faire au mieux pour que ce confinement soit des plus agréables pour nous-même et nos proches…et surtout restons en contact !

Prenez soin de vous,
@San