Les 7 étapes de la Séparation ou Deuil

Parce qu’une rupture c’est toujours difficile, je tiens à vous raconter mon histoire.

Puisse-t-elle vous inspirer et vous donner quelques pistes.

Le pitch:

Cela faisait 2 ans déjà que j’étais engagée dans une relation « amoureuse » avec un garçon, gentil mais introverti.

Relation que je qualifierai de toxique, puisqu’elle m’apportait plus de mal que de bien.

Elle n’allait pas dans le sens que je désirais.

Faisant preuve d’énormément de patience, je faisais passer les envies de l’autre en priorité.

Je vivais dans l’idée et l’espoir qu’à force de donner, on finit un jour par recevoir…

Et en 2 ans de relation soutenue, au total 3 restos, aucun week-end, pas de vacances ensemble, pas de mélange au niveau des amis, et enfin pas d’officialisation auprès de la famille.

Mon corps commençait même à m’envoyer des signaux : Maux de têtes, vertiges, et fatigue incessante. Une forme de somatisation, car en fait le corps et l’esprit sont intimement liés.

Mais il n’y avait aucun problème physique.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase fut le refus de me présenter à sa famille.

D’un coup, je me suis dit, stop ça suffit !!!

Je me rendis à l’évidence, une vraie prise de conscience qui a été suivi d’une décision et d’action.

Je pris mon courage à 2 mains, et mis un terme à cette relation.

Après 1001 textos, appels et négociations, vint enfin le moment de la délivrance, celui de la remise des clefs (hé oui je lui avais gracieusement offert le double de mon cocon douillet pour qu’il puisse me retrouver quand bon lui semble). Et comme pour éviter le diable, cette remise s’est effectuée sans contact direct, peut-être un peu lâche, mais ferme de ma part…

Ce n’est qu’après que cela se corse, et le plus difficile est à venir…

C’est là qu’on traverse les 6 étapes de la séparation ou du deuil (à noter que ceci est valable aussi pour la perte d’un être cher, mais aussi un licenciement professionnel…)

L’avis de l’expert :

Souvent nous restons dans une relation qui ne nous convient pas parce que nous espérons qu’un jour l’autre changera, comprendra, fera, saura…. Et nous, nous nous sentons si petit(e), pas digne de… ne méritant pas…. que nous remettons à l’Autre les clefs de notre bien-être, de notre bonheur (surtout lorsque nous croyons que « c’est le bon »). Jusqu’au jour du trop-plein, du « ça suffit ! » bénéfique. Ce moment où enfin nous nous recentrons sur nous, nous nous redonnons la priorité. A cet instant-là, nous ressentons profondément ce que nous ne voulons VRAIMENT plus. Et le « Stop ! » jaillit fort et ferme. On décide de rompre. Et même si nous sommes à l’origine de la rupture, il s’agira aussi pour nous de faire le deuil de cette relation.

  1. Le choc ou déclic

Dans un 1er temps, le temps du choc … C’est fini, c’est plus possible !

3 mois passés dans ce bon vieux pyjama à trainer du salon à la chambre, en passant par la cuisine assez souvent afin de terminer ce gros pot de la glace d’hagendaaz à la noix de pécan.

Du sucre, et encore du sucre pour combler ce vide. Un vide où je me suis repassé tout le film en arrière. Je me suis remémoré tous ces instants passés dans ce même lieu avec cet autre qui n’est plus là.

Des larmes de crocodiles, dès que je le pouvais, dès que j’étais seule (mon pauvre coussin constamment tout mouillé). J’en suis même venue à avoir des regrets, à culpabiliser, en me disant que peut-être avec un peu de temps, il aurait peut-être changé, fais des efforts… Mais au fond je le savais bien, que c’était peine perdue.

L’avis de l’expert :

Pour toute relation que nous nouons (amicale, amoureuse, professionnelle…) nous la nourrissons d’énergie et d’intentions conscientes et souvent inconscientes. Et même si c’est nous qui décidons d’y mettre fin, c’est pour nous un choc, un tsunami. Ce jour-là, un vide se crée que nous tentons alors de combler par de la nourriture, des achats compulsifs, des abus d’alcool, la drogue… Nous tournons à vide, comme en manque ! Et dans notre esprit, nous allons ressasser, revisiter l’histoire.

2/ Le déni

Eh oui je n’arrive pas à y croire !!…

Je me réveille au beau milieu de la nuit à 3h du mat, et c’est fou mais je crois le voir allongé près de moi.

J’ai même tendu la main plusieurs fois pensant toucher son dos…mais non, simple hallucination.

Les copains qui demandent de ses nouvelles, je n’ose même pas le dire que c’est fini.

 Je réponds tout va bien et fais même semblant d’être pressée de le retrouver.

L’avis de l’expert :

On ne peut pas croire que cela soit vrai, que la relation soit rompue, que l’Autre ne soit plus là. Nous sommes encore imprégnés de souvenirs (dans le corps, l’esprit, le cœur) de tous ces moments vécus ensemble. Le « C’est pas possible » résonne en nous. Nous ressentons même avec nos sens sa présence. Nous sentons l’odeur même de la personne, le contact de sa peau. Nous ne pouvons que dire « non non non, ce n’est pas vrai, c’est un rêve, un cauchemar, je vais me réveiller ».

3/ la tristesse

Je me retrouve à verser des larmes dans un silence le plus profond. La solitude et le désespoir les plus extrêmes sont mes maîtres mots. Cette période dure un mois. Une période vide d’actions, sans vie…sans espoir.

Oui, j’ai versé des larmes de crocodile. Et en alternance, des tonnes de question : pourquoi ? Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? N’étais-je pas assez digne pour cette famille-là ? Et je pleure, me lamente.

L’avis de l’expert :

Et puis réalisant que l’Autre n’est plus, que nous sommes seul(e), nous pleurons, gémissons en nous sentant abandonné(e) ou trahi(e) ou rejeté(e). Dans notre esprit les questions fusent, ne voyant que notre bout de la relation : Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? C’est ma faute ! Qui suis-je sans l’Autre ? Que vais-je devenir sans la relation ?

Nous nous accusons, apitoyons sur nous-même, culpabilisons. Nous nous sentons impuissants. Nos larmes peuvent même parfois nous mener au désespoir. Nous sommes comme tombé(e) dans un trou, un tunnel. Nous ne voyons pas de lumière possible. Il n’y a pas de demain ; il n’y a que du « avant ».

Oui, ces larmes sont nécessaires et justes normales. Notre tristesse est juste et nous avons à l’accueillir et l’accepter. Nous ne savons pas à cet instant que nous allons tirer des cadeaux de cette relation terminée et nous connaître davantage dans qui nous sommes vraiment.

4/la colère

Je lui en veux, mon Dieu qu’est-ce que je lui en veux…

Le temps de la colère peut être exprimé de différente manière. Certains vont crier, casser des verres, se mettre à la boxe, se bourrer la gueule… n’importe quoi pour sortir cette rage. Moi c’est à travers ce que j’appelle une période de « dépravation » (je sais, le mot est un petit fort).

Une période où je multiplie les sorties et les histoires d’un soir comme pour me prouver ma propre valeur et me sentir en vie. Exister, Se valoriser, plaire à tout prix, encore combler un putain de vide, par des aventures superficielles sans lendemains.

Juste que quelqu’un me touche, comme si un rapport avec un autre pouvait réussir à m’enlever toutes ces promesses, cette projection avec cet Autre non assouvie.

Jusqu’à en ressentir une forme de dégout et ne plus me reconnaître, surtout avec l’alcool à gogo !!

Je lui en veux encore plus…

L’avis de l’expert :

Après le choc et le déni, nos émotions vont alterner quelque temps entre les deux émotions de tristesse et de colère (2 faces d’une même médaille).

Quand les larmes se tarissent un peu, l’envie de vivre nous redresse, l’énergie colère remonte en nous. Comme une plante qui veut traverser le pavé de la rue.

Nous nous redressons, raidie par l’expérience passée. Nous ne voulons plus nous laisser faire. Nous voulons reprendre le pouvoir sur nous, nos émotions, nos pensées, notre vie. Nous agissons par réaction. Nous voulons mordre. Il nous faut trouver un coupable, un bouc émissaire à combattre, abattre. Une période où nous pouvons accuser l’Autre, le monde, la société. Cette colère nous la retournons contre Autrui et/ou contre nous-même. Période qui peut aller jusqu’à la rage noire.

C’est le feu vivant de la vie en nous qui veut jaillir à nouveau, quitte à faire du « n’importe quoi » pour nous sentir exister, acteur de notre vie. Nous voulons nous sentir à nouveau vivant, humain, puissant.

Cette énergie a besoin de s’exprimer sinon elle s’agglutinerait en nous comme au fond d’une cocotte-minute.

5/l’abattement

Seule, perdue, sans espoir, je ressens un vide profond. Une période vide d’actions, sans vie…sans espoir. Un grand rien !

L’avis de l’expert :

A force d’alterner entre la tristesse et la colère, soudain nous lâchons l’affaire ! Nous nous affaissons. Nous sommes dans un état de no man’s land. Comme au point mort ! Un vide sidéral qui va pouvoir être fécond en fonction de notre intention : soit nous allons repenser l’histoire et son manque et nous revisiterons la tristesse et la colère. Soit nous y repenserons pour comprendre, apprendre, grandir, pour y découvrir les enseignements de cette relation.

6/l’acceptation

Là apparait la curiosité. A cet instant, une véritable introspection commence, un bilan de ce qui était, de ce qui n’est plus, avec la question « Qu’est-ce que je ne veux vraiment plus ? » et un petit début de « Qu’est-ce que je veux vraiment en fait »

Comme un déclic, je commence à me poser des questions, mais des questions centrées sur MOI…

Là apparaît aussi l’envie, de nouvelles envies. Je m’essaye à de nouvelles activités.

 Je m’intéresse au sport, au développement personnel, à l’alimentation, à l’éducation, aux neurosciences, et …attention le comble, à l’art !!!  Moi qui me suis toujours tenue à l’écart, toute ma vie, de toute forme d’art. Je repère une association qui m’intéresse et m’en rapproche…

et là je me dis stop !

Je retrousse mes manches, je prends un sac poubelle, et j’y mets la brosse à dent, les tee-shirts et les pantoufles de Monsieur. Direction la poubelle ! Et je ressens un vrai soulagement et une énorme libération.

Je change mon chez moi, la disposition des meubles (surtout le lit, très symbolique !).

J’achète de nouveaux coussins, je change les rideaux. Je crée mon nouveau MOI, et mon « nouveau chez moi », dans lequel il n’a plus sa place.

Je m’entoure, je m’appuie sur la famille, les amis, les nouveaux centres d’intérêts comme de nouvelles ressources.

L’avis de l’expert :

En regardant la relation passée autrement, nous acceptons de nous interroger autrement. Qu’est-ce que j’ai aimé dans cette relation ? Qu’est-ce que j’ai appris ? Qu’est-ce que l’Autre m’a donné ? Qu’ai-je reçu ? Qu’est-ce que j’ai donné ? Quelles qualités j’ai développé ? Dans l’introspection positive, nous allons y puiser des graines de ressources, tirer des enseignements constructifs. Nous constatons alors que nous n’avons pas perdu notre temps, que cette relation nous a été utile et aidante pour grandir. Nous allons pouvoir redécider autre chose en nous tournant enfin vers l’avenir qui redevient lumière, source de possible pour nous. Nous nous repriorisons, recentrons sur un essentiel pour nous. Nos émotions sont calmées. Notre esprit plus lucide. Alors nous allons pouvoir recycler les derniers vestiges de la relation devenus obsolètes (habits, courriels…). Et de nouvelles envies vont pouvoir  à nouveau jaillir et cette fois nous les écouterons vraiment et irons les vivre. Comme une renaissance.

7/ la gratitude et reconnaissance

J’en arrive à l’acceptation. Je ne résiste plus. J’ai accepté, et j’en tire des leçons.

 C’est fini pour une bonne raison.

Je ne lui en veux plus, et je ne m’en veux plus non plus.

Nous ne voulions pas la même chose, ou en tout cas pas au même moment.

La 1ère leçon apprise est que mes désirs et besoins comptent. Ils comptent même énormément car JE suis IMPORTANTE !

La seconde est le POUVOIR !  Oui j’ai le pouvoir de dire non, et je ne suis plus une victime, mais l’actrice principale de ma vie !

 Je n’ai plus de colère, ni de haine. Je le remercie même, car j’ai appris ce qui était important pour moi, ce que je désirais vraiment.

Tous ces nouveaux centres d’intérêts ont même fait place à de nouveaux projets.

Une reconversion à préparer, de nouvelles compétences à acquérir, de nouvelles passions découvrir.

J’en arrive presque à le remercier car grâce à lui, je me suis découverte un peu plus, et j’ai grandi.

De cette expérience, quelque chose de profondément positif en est ressorti.

La gratitude a même atteint une forme de reconnaissance.

Reconnaissance pour être parvenue à une compréhension de la situation,

Reconnaissance pour cette force de décision,

Pour l’apprentissage de toutes ces leçons

Et également pour être arrivée au pardon…

L’avis de l’expert :

Après avoir traversé toutes ces phases émotionnelles, nous comprenons mieux ce que la Vie nous a fait traverser. Nous sentons que c’était pour grandir autrement et nous donner de nouvelles autorisations à être vraiment nous-même.

Nous parvenons à comprendre et sentir que chacun à son bout de la relation a fait ce qu’il pouvait en fonction de son histoire. Nous nous connaissons mieux, nous nous sommes reconnu(e), redressé(e) dans notre dignité d’être humain incarné. Notre esprit est à nouveau apte à trouver de nouvelles sources de réjouissances et d’épanouissement personnel.  Nous disons simplement « merci d’avoir été là, de m’avoir aidé à grandir. » Nous laissons aller l’Autre et ce type de relation. Nous changeons de rails. Nous décidons de rouler dans le sens de la Vie, pour accueillir l’Amour qui n’attend que nous pour rayonner ! Nous sommes dans le Oui à la Vie et à déployer de nouvelles manières d’être au monde !

Voilà où j’en suis aujourd’hui, c’est dans ce chemin que je me suis reconstruis,

Et que j’ai trouvé qui je suis.

San@

L’avis de l’expert : J’ai choisi une spécialiste du fonctionnement de l’être humain,

Laurence Simenot, Thérapeute.

 Elle est l’Auteure de nombreux livres en librairie et sur le Net, notamment

« 5minutes par jours pour méditer et être vraiment là ! » aux Éditions Leduc

 PNL, Hypnose Ericksonienne, développement de l’intuition
et en Relation d’aide, AT, Gestalt, Rebirth, Systémique, Ennéagramme, etc…

Ses compétences sont vastes.

Véritable « Prof de vie » et « Méditante urbaine »

 qui a toujours œuvré en faveur de l’humain.

La méditation n’a plus de secret pour elle, et organise régulièrement des ateliers collectifs de méditation.Pour plus d’infos, visitez le site : https://www.laurencesimenot.fr

4 commentaires sur “Les 7 étapes de la Séparation ou Deuil

  1. Tout comme un écrivain passe toujours par un ou plusieurs brouillons avant de publier l’œuvre achevée, parce qu’on n’écrit jamais un livre d’un seul jet… Cette union imparfaite représentera malgré tout un maillon essentiel dans la chaîne des relations de couple, avant d’entreprendre la généalogie définitive !

    * petit conseil en passant : changer le barillet de la serrure de la porte d’entrée, au cas où il aurait fait produire un double de la clé. Par simple mesure de précaution.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire yannucoj.
      Il y a beaucoup d’écrits que j’ai couché sur le papier, sans jamais les montrer…Il va falloir revenir sur tous ces petits cahiers et voir ce que l’on en fait. Hahahaha, tu me fais rire! C’est une porte blindée qui par la suite a été posée, pas d’inquiétudes!
      Bises
      San@

      J'aime

  2. Bravo Sanela, ton écriture est plus belle de jour en jour.
    Ton analyse est elle aussi très pertinente, je me reconnais dans beaucoup de ces situations que tu as si bien identifiés.
    Merci… 🤗

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.